Lorsque la nuit s’installe dans l’EHPAD et que les couloirs se font silencieux, une autre équipe prend le relais. Une équipe discrète mais essentielle. C’est auprès d’elle qu’Arnaud Groult, Directeur de la stratégie médico‑soignante, a choisi de passer une nuit, à l’EHPAD Cérès à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, pour mieux comprendre ce qui se vit quand les lumières s’éteignent.
La rencontre avec un binôme soudé
Arnaud est accueilli par Tatiana, aide‑soignante depuis plus de trois ans, et Gwendoline, Agent de service hôtelier investie depuis plus de deux ans. Ensemble, elles incarnent cette capacité à travailler en binôme, à se faire confiance, à anticiper les besoins mutuels.
Très vite, Arnaud perçoit la solidité de leur collaboration : des gestes coordonnés, des regards qui suffisent, une vigilance partagée. Dans la nuit, la cohésion n’est pas un atout : c’est une nécessité.
Le coucher en EHPAD : un temps d’attention et de douceur
En participant à l’installation du coucher, Arnaud assiste à un moment délicat : le coucher, un accompagnement tout en nuance. On ajuste une lumière, on adoucit une parole, on rassure une inquiétude. Certaines personnes sont installées plus tard pour respecter leur rythme naturel ; d’autres sont suivies de plus près, notamment en cas de déambulation ou de troubles cognitifs.
« J’ai vu un rythme de jour et un rythme de nuit », confie-t-il. Deux temporalités qui ne se vivent pas de la même manière, mais qui demandent la même attention.
La nuit en EHPAD, un soin autrement
Au fil des heures, Arnaud découvre un autre tempo du soin, fait de petites attentions souvent invisibles : proposer une collation, rester quelques minutes en présence d’un résident, lire une page ou simplement écouter.
La nuit est un espace où l’on prend soin autrement, dans le calme, avec une disponibilité singulière. C’est aussi un moment où la relation se tisse différemment, grâce à des échanges plus intimes, moins pressés.
Les transmissions : un relais indispensable
Lorsque l’aube approche, vient le temps des transmissions. Tatiana et Gwendoline y tiennent : c’est un pilier du travail nocturne. On y consigne les observations, les changements d’état, les petits signaux faibles. C’est grâce à elles que la journée peut s’ouvrir sur une prise en charge cohérente, continue, sécurisée. « Sans transmission, pas de continuité de soins ».
Un hommage aux soignants qui travaillent dans l’ombre
Cette immersion a permis à notre Directeur de la stratégie médico-soignante de voir la nuit autrement, d’en mesurer la richesse et les exigences. « Oui, j’irai dormir dans un EHPAD. Je l’ai fait », affirme-t-il.
La nuit n’est pas une parenthèse : c’est un temps de vie à part entière, porté par des équipes engagées, attentives, profondément humaines.
Cet article est aussi un hommage. Merci à Tatiana, à Gwendoline, et à toutes celles et ceux qui veillent pendant que tout le monde dort. Grâce à elles et eux, nos résidents trouvent sécurité, douceur et continuité, jusque dans les heures silencieuses.





