16 décembre 2022

Le Groupe Emera mise sur la formation et son Académie pour répondre aux besoins des résidents et aux envies de progression de ses équipes en résidences. Une façon, aussi, de répondre à la problématique de recrutement qui touche le secteur du « grand âge ». Décryptage avec Karine Renaux, directrice de la formation du groupe Emera.

En juillet dernier, une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) montre que le niveau moyen de dépendance des résidents en Ehpad s’est accru entre 2011 et 2019. Plus de neuf résidents sur dix souffrent aujourd’hui de troubles de la cohérence. Près de la moitié sont très dépendants.

Or la formation initiale des traditionnels métiers du grand âge ne couvre que partiellement les problématiques réellement rencontrées sur le terrain. Cela vaut pour les soignants comme pour les personnels hôteliers et administratifs au contact des seniors. « Face à ce constat, le rôle de la formation continue est d’accompagner nos équipes dans leurs missions quotidiennes, d’enrichir leurs compétences professionnelles afin de garantir une prise en charge individualisée et ajustée aux besoins des résidents », détaille Karine Renaux, directrice de la formation du groupe Emera et de l’Académie Emera depuis 2018.

L’enjeu est de taille. En effet, les impacts bénéfiques des formations, in fine sur le quotidien des personnes âgées et les soignants, ne sont plus à prouver. Celles-ci permettent de diminuer les troubles du comportement, d’améliorer les relations entre soignants et patients âgés. L’acceptation des soins est meilleure. Les conditions de travail aussi. Grâce à ces formations, les équipes gèrent mieux les situations de conflits, elles se sentent moins stressées et davantage heureuses sur leur lieu de travail.

Une centaine de formations au catalogue

Face à ce constat, le catalogue de formation Emera contient une centaine de formations destinées à l’ensemble des salariés. Pour les soignants, elles portent sur la gestion de la douleur, les soins palliatifs ou la prise en soin des résidents. Pour les personnels hôteliers, il s’agit d’améliorer les pratiques liées au service en salle ou encore à l’hygiène du linge. Il y a aussi des programmes pour le personnel administratif – management, qualité et gestion des risques, accueil des familles, etc. – et pour les équipes chargées de l’animation. Des modules sont également consacrés au savoir-être, aux bonnes postures professionnelles, au coaching personnel. « En 2021, 1 107 salariés ont été formés, soit 12 034 heures de formation. Près d’un tiers de nos formations est dispensé par l’Académie Emera, notre organisme interne certifié Qualiopi qui s’appuie sur une vingtaine de salariés-formateurs du Groupe, tous experts dans leur domaine et qui respectent les valeurs du Groupe », précise Karine Renaux.

Plan de carrière et épanouissement professionnel

Pour les équipes en place dans les établissements, la formation est avant tout synonyme d’évolution. « Aujourd’hui, les salariés ne veulent pas exercer les mêmes missions tout au long de leur carrière.
 Ils ont envie de changement, de progression, de découvrir d’autres facettes de nos métiers. Nous sommes à l’écoute de leurs envies d’évolution. Nous
les renseignons, les aiguillons vers les bons chemins de formation ».

Chaque année, l’entretien professionnel avec les managers est un moment privilégié pour prendre du recul sur les compétences qui ont manqué aux collaborateurs au cours de l’année, et pour anticiper celles dont ils auront besoin dans les années à venir. En faisant remonter du terrain ces besoins, les directeurs et directrices d’établissement constituent de précieux relais. Une fois par an également, les salariés-formateurs de l’Académie Emera font eux-aussi un point sur les attentes des équipes.  

C’est grâce à cette méthode que de nouveaux modules ont complété l’offre en 2022. Parmi ceux-ci figurent, par exemple, des cursus sur les thèmes suivants : « Redonner du sens aux équipes et à nos pratiques », « Quand liberté et sécurité s’opposent en Ehpad » ou encore « Comment se comporter face aux maladies neurologique et troubles du comportement ? ».

Améliorer l’attractivité des métiers

De cette façon, la formation est un outil pour fidéliser les équipes, leur proposer un plan de carrière, participer à leur épanouissement professionnel. L’histoire du Groupe regorge d’ailleurs de beaux parcours, de montées en compétences. Exemples, parmi d’autres : des agents de service hôtelier (ASH) devenus aides-soignants en passant les diplômes en interne. Une aide-soignante promue gouvernante. Une infirmière passée cadre, puis directrice de résidence. Loin d’une liste à la Prévert, ces montées en compétences témoignent qu’une carrière en mouvement est possible au sein des établissements.  

Enfin, chez Emera, la formation revêt un autre enjeu, tout aussi fondamental : améliorer l’attractivité des métiers. Ce n’est pas un secret, le secteur du grand âge est sous tension. Les besoins de main d’œuvre sont forts : près de 350 000 postes seront à pouvoir d’ici 2025 selon le ministère des Solidarités et de la Santé. Mais les candidats manquent à l’appel. En particulier pour le métier d’aide-soignant. « Dans ce contexte, la formation est une porte d’entrée dans nos établissements. C’est un argument pour attirer des candidats, même s’ils n’ont pas les diplômes requis. Nous pouvons ainsi accueillir des stagiaires le temps d’un été mais qui souhaitent s’inscrire dans la durée dans nos résidences. Mais aussi des demandeurs d’emploi, des salariés en reconversion professionnelle, des travailleurs étrangers que nous aidons à obtenir des diplômes, à valider leur expérience. Nous veillons à leur apporter rapidement les prérequis nécessaires à un exercice dans le secteur du grand âge », conclut Karine Renaux.

A suivre dans  un prochain article  le témoignage de Marie-Laure Dewattine, qui a d’abord occupé le poste de lingère au sein de la résidence Maisonnée La Lorraine à Calais  et devenue aide-soignante et celui de Jessica Morel,  IDEC à l’Ehpad Maisonnée Le Cap Blanc après des débuts comme ASH, aide-soignante puis infirmière.

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