07 juin 2021

Lors de son entrée en Ehpad, une personne âgée peut être vulnérable, ou en mal de repères familiers et rassurants. Pour faciliter son intégration dans les lieux et lui permettre de s’y épanouir au mieux, les équipes s’appuient sur son projet de vie personnalisé.

Offrir une prise en charge sur mesure

Barbara Regnaud, Responsable Vie Sociale

Obligatoire depuis la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, le projet de vie personnalisé a d’abord été créé pour renforcer le droit de participation de la personne accueillie (et/ou de son représentant légal) à l’élaboration de son parcours dans l’Ephad qui l’accueille.

C’est aussi « la meilleure réponse qu’on peut apporter aux résidents comme aux professionnels pour éviter un risque de standardisation de la prise en charge et favoriser un accompagnement singulier, propice à faire que chaque personne que nous accueillons se sente unique et considérée », explique Barbara Regnaud, responsable de vie sociale au sein de l’Ehpad Antoine de Bourbon, situé à Billère, près de Pau.

Etabli lors des trois premiers mois suivant l’entrée d’un résident, et réactualisé six mois plus tard puis chaque année, ce dispositif permet en effet à l’équipe pluridisciplinaire de l’Ehpad de s’appuyer sur des objectifs et un programme personnalisés clés en main.  

« Quand un nouveau résident rejoint notre établissement, nous lui remettons un certain nombre de documents nécessaires pour enregistrer son entrée, et dans ce dossier se trouve un questionnaire. Au sein des Ehpad Emera, il s’intitule le « Faisons Connaissance », précise Barbara Regnaud. C’est ce document qui va permettre de retracer la vie du résident, sa vie active, voire son enfance. Il nous permettra de co-construire, avec lui ou son représentant légal, sont projet de vie personnalisé. »

Chaque question est donc pensée pour connaître l’histoire de la personne âgée accueillie, comprendre ses peurs, connaître ses envies à travers les loisirs qu’elle a aimés ou aime pratiquer, les plats dont elle raffole, ou encore mieux saisir dans quel état psychologique et physique elle se trouve.

« Souvent j’organise donc une sorte de goûter de présentation, explique Barbara Regnaud. L’occasion de dialoguer avec le résident et de lui poser en face à face des questions similaires à celles figurant dans le formulaire. C’est aussi un moment précieux pour le mettre à l’aise et faire qu’il se sente considéré. » 

Un projet rassurant et motivant

Essentielle, cette première étape va ensuite permettre aux équipes, et sur la base des attentes et besoins émis par le résident, d’établir son projet de vie personnalisé. Il se présente sous la forme d’un document avec des objectifs à atteindre, et est tracé sur le logiciel de soins de l’ehpad.

Généralement il établira ainsi deux à trois objectifs et les moyens matériels et/ou humains nécessaires à leur atteinte. Les professionnels seront donc amenés à chercher des réponses adaptées. « On précisera d’abord le facteur déclenchant :  pourquoi tel objectif a été fixé. Cela peut être un objectif lié à la motricité et à la socialisation du résident. Puis nous détaillerons les actions envisagées, précise Barbara Regnaud. Par exemple, l’une de nos résidentes qui se déplace aujourd’hui avec une canne a insisté pour maintenir le plus longtemps possible son autonomie physique. Nous avons donc fait du maintien de sa motricité l’objectif numéro un de son projet de vie personnalisé. Et pour s’en assurer, nous avons proposé de l’accompagner faire des promenades à l’extérieur de la résidence, dans le parc, à sa demande et dès que la météo le permet. Nous avons également prévu de l’inscrire à des ateliers hebdomadaires de motricité ».

 

Et le projet de vie personnalisé peut se concentrer, quand l’état de santé mental et/ou physique du résident l’exige particulièrement, sur le maintien de liens sociaux. Si l’un des grands objectifs de l’ephad Antoine de Bourbon est de créer un climat de confiance avec les autres résidents et de favoriser les échanges, lors des moments de restauration par exemple, il peut arriver qu’une personne ne puisse se rendre au restaurant et discuter. Les équipes sont alors en mesure d’instaurer une relation duelle régulière. « Nous nous engageons par exemple à aller à l’heure du déjeuner et du diner au contact du résident, à prévoir des temps de discussion dédiés ou encore à faire des activités avec lui-seul ou en petits groupes », confie encore Barbara Regnaud.

Un outil d’estime de soi aussi

Parfois prévue et préparée, et d’autres faites en urgence, l’entrée en Ephad est quoiqu’il arrive une transition qui mérite d’être accompagnée pour créer les conditions d’intégration et de vie du résident les plus favorables possibles.

Et c’est aussi pour cela que le projet de vie personnalisé est co-construit avec le résident et/ou ses proches et régulièrement réévalué. Chaque année au moins, responsable de vie sociale, psychologue, psychomotricien ou aide-soignant vont donc prendre le temps de recueillir les sentiments du résident et ses demandes particulières. De quoi savoir si ses envies et besoins ont changé ou s’il est satisfait de son accompagnement et de son quotidien dans l’établissement.

Pour Barbara Regnaud, c’est vraiment « un outil de reconnaissance et d’estime de soi ». « Le projet de vie personnalisé et tous les échanges réguliers nécessaires à sa construction vont en effet mettre en lumière le résident pour lui offrir un cadre de vie quotidien dans lequel il se retrouve et se sent apaisé, estime-t-elle. C’est aussi un dispositif qui permet de le valoriser, auprès des équipes, de sa famille mais aussi de lui-même. Un résident pourrait par exemple nous dire au départ, « moi je suis vieux, je ne suis plus bon à rien ! ». Mais en réalisant les objectifs de son projet de vie, il va s’apercevoir qu’il a encore beaucoup à faire ! ».

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