15 novembre 2020

Les Sens en éveil

Dans le secteur gériatrique, de nombreux professionnels ont recours aux approches non médicamenteuses en complément des traitements prescris. Parmi les solutions innovantes : les espaces multisensoriels, des pièces dédiées à la relaxation et au bien-être grâce à la stimulation des sens.

Crédit photo - Laurence Geai

Inspirés de la méthode hollandaise Snoezelen, les espaces multisensoriels sont utilisés pour apaiser les états de nervosité, d’anxiété ou d’agressivité. L’idée : réunir dans une seule pièce différents objets pouvant éveiller les sens afin d’immerger l’individu dans un espace hors de son quotidien et de ses préoccupations. Pour le guider dans sa découverte, de la musique, des projections de films ou d’images apaisantes, des odeurs, des matières à toucher… Chaque sens est sollicité.

La méthode est appliquée aujourd’hui dans plusieurs secteurs, de la petite enfance à la psychiatrie, en passant par le monde de l’entreprise. Elle est depuis quelques années utilisée en gériatrie auprès des seniors résidant en Ehpad.

Pour le soignant, l’espace multisensoriel est un outil de médiation, un support pour établir une relation plus personnelle avec le résident. A Lavilletertre, dans le département de l’Oise, la résidence Le Val Fleury du groupe Emera s’est équipée depuis deux ans d’un espace de ce nouveau genre. 

Le résultat est sans appel. « Notre espace multisensoriel est ouvert à tous nos résidents, confirme Coralie Muller, directrice de l’Ehpad Emera du Val Fleury. En dehors des séances prévues au planning, ils peuvent s’y rendre librement. Je suis personnellement convaincue des bénéfices de la méthode. Dès mon arrivée en tant que directrice de l’Ehpad, j’ai inscrit au programme la formation de quatorze membres de l’équipe médicale pour qu’ils puissent accompagner au mieux les résidents dans l’usage de l’espace multisensoriel. C’est un temps pour eux, un temps d’écoute, de relaxation, de partage. L’espace est notamment utile pour apaiser les angoisses de ceux qui souffrent de troubles cognitifs tels que la maladie d’Alzheimer peut en provoquer. »

Crédit photo - Laurence Geai
Crédit photo - Laurence Geai

Prendre conscience de son corps

 Écouter, voir, toucher, sentir… de nombreux supports sont ainsi prévus dans les espaces multisensoriels pour stimuler le résident. « Nous avons intégré dans notre espace des fils de fibre optique de couleur, un projecteur vidéo, un diffuseur d’odeurs, des matières à toucher, un fauteuil confortable, une balle à picots… », partage Aurélie Thiou, infirmière à temps plein au sein de l’établissement.

Deux types de séances peuvent alors être initiés en fonction de l’objectif du soignant et de l’humeur du résident : explorer ou relaxer. « Pour l’exploration, nous avons par exemple des lectures guidées. Le résident écoute un récit qui le conduit au milieu d’une forêt ou près d’une rivière. Prendre conscience de sa respiration l’aide à retrouver son calme, confirme l’infirmière.

Pour se relaxer, nous allons travailler sur la visualisation du corps grâce notamment à des massages de mains ou crâniens. » En faisant appel à ses sens, le résident peut ainsi faire un travail sur lui-même afin de prendre conscience de son corps et d’être pleinement dans l’instant présent.

Le senior aussi faire l’expérience de couleurs, de sons, d’odeurs rattachés à des souvenirs et retrouver son calme par des réminiscences en faisant appel à des moments heureux de sa vie. « Un moment au sein de l’espace multisensoriel peut avoir de nombreux effets positifs sur le moral du résident déjà mais aussi sur des variables physiologiques comme une baisse de la tension artérielle. Je préfère faire une séance plutôt que de donner un médicament », affirme Aurélie Thiou, déjà sensibilisée aux approches non médicamenteuses depuis plusieurs années.

Les temps de silence aussi importants que les temps d’échange 

Prendre le temps est un enjeu essentiel pour réussir la séance : « Quand je suis en séance avec un résident, je coupe mon téléphone et je demande à ne pas être dérangée, raconte l’infirmière. Le but est de limiter les interactions qui pourraient rompre la concentration du résident sur le travail qu’il réalise ». Pour le rythme, il faut compter deux séances par mois et par personne. « La séance dure une quarantaine de minutes environ mais il faut aussi prendre un temps pour revenir doucement à la réalité. Certaines personnes sont moins réceptives que d’autres, leurs séances durent seulement quelques minutes. C’est dommage de ne pas aller au bout du processus mais on peut obtenir des résultats même sur une petite durée ». Pendant la séance, le soignant respecte le rythme du senior. Les temps de silence par exemple sont aussi importants que les temps d’échange. Ils favorisent notamment l’expression verbale ou non verbale et diminuent le sentiment de frustration souvent expérimenté par les résidents anxieux. « Au final j’accompagne le résident dans son processus mais il s’agit de sa séance. A chaque nouvel échange, j’adapte le contenu en fonction de ses besoins immédiats. C’est lui qui construit sa séance. »

Pendant le confinement, Aurélie a poursuivi les séances : « Nous avons décidé de favoriser les séances en chambre pour des raisons d’hygiène. J’apporte à chaque fois les différents éléments – diffuseur d’odeurs, projecteur, fibre optique, balle à picot…  – les bénéfices du travail réalisé sont toujours présents. » Pour l’équipement de la pièce de 22 m2 dédiée à l’espace multisensoriel, l’Ehpad Le Val Fleury a prévu un budget d’environ 2 500 euros auquel se sont ajoutés les frais de formation. « Les bénéfices sont réels, confirme Coralie Muller. L’espace multisensoriel permet de compléter un éventail de services de bien-être au sein de l’établissement comme la balnéothérapie ou encore l’espace bien-être ». L’éveil des sens propre à la philosophie du groupe Emera, est mis en pratique au quotidien.

Pour en savoir plus sur la vie au sein des Ehpad Emera, découvrez notre philosophie : https://www.emera.fr/solutions-hebergement-senior/residence-ehpad

 

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Rencontre Digitale avec Jean-Marc Généreux

25/11/2020 Nos actualités

Retour sur l'interview de Jean-Marc Généreux réalisée par Denise Fabre ce dimanche 22 Novembre à 16H00.

Vous l'avez raté ? Pas d'inquiétude ! Visionnez et revisionnez autant de fois que vous le souhaitez la rencontre digitale avec Jean-Marc Généreux.

Un moment d'échange entre le champion et star des danses latines et Denise Fabre, égérie du Groupe Emera. Nous remercions Jean-Marc Généreux et Denise Fabre pour ce fabuleux échange marqué par des moments de rire et de partage.

Pour regarder l'interview, ça se passe ci-dessous, bon visionnage :

https://youtu.be/jcJiOQmlA5g

L’activité physique adaptée, une thérapie non-médicamenteuse à part entière

22/11/2020 Partenaires

L’association Siel Bleu intervient dans un Ehpad sur quatre en France. Catherine Sartoretti- Hiegel, sa responsable nationale, explique le rôle-clé d’une activité physique adaptée et régulière sur la santé des personnes fragilisées.

crédit photo - Cathy Fitoussi

Quelles sont les missions du Groupe Associatif Siel Bleu ?

Catherine Sartoretti- Hiegel : Depuis 1997, Siel Bleu mise sur l’activité physique adaptée (APA) comme outil de prévention santé des publics fragiles : personnes âgées dépendantes, en situation de handicap, atteintes de maladies chroniques ou de cancers, les aidants, etc.

Le programme « Siel Bleu au Travail » agit en entreprise auprès d’un public plus jeune.
Il s’agit de prévenir les accidents du travail, gérer le stress, améliorer la cohésion d’équipe, lutter contre les troubles musculo-squelettiques. Enfin, la Fondation Siel Bleu finance des opérations d’accès à la santé pour des populations en grande précarité comme les sans-abris ou les détenus. Chaque semaine, 700 chargés de prévention diplômés interviennent auprès de 140 000 bénéficiaires partout en France.

Quels exercices proposez-vous aux résidents en Ehpad ?

C.S.H : A la différence du sport – qui renvoie aux notions de performance et de compétition –  l’APA s’appuie sur des exercices en adéquation avec les besoins, les envies et les capacités de la personne. Chaque séance est pensée sur-mesure, en fonction du niveau de dépendance des participants.

Elle débute toujours par un échauffement pour préparer les articulations : on tourne doucement ses cervicales, poignets, chevilles, on fléchit les genoux pendant dix minutes. L’objectif est ensuite de mettre le corps en mouvement grâce à la gymnastique douce, la marche, des jeux de coordination, des parcours d’équilibre, de la relaxation, etc.
Nos équipes utilisent du matériel pédagogique pour stimuler les muscles et les articulations dans une ambiance conviviale.


Combien de temps durent les séances en moyenne ?

C.S.H : Nous intervenons une à deux fois par semaine en Ehpad, pour des ateliers compris entre 45 minutes et une heure. Les résidents peuvent ensuite s’approprier certains gestes et les répéter quand nous ne sommes pas présents.

Quels sont les bienfaits de l’activité physique adaptée sur la santé des résidents en Ehpad ?

C.S.H : Ils sont multiples. Les APA sont reconnues comme une thérapie non-médicamenteuse à part entière, et les médecins peuvent les prescrire depuis 2017.

Le sport santé renforce les muscles, l’endurance et le sentiment d’appropriation de son corps. Ceci concourt à renforcer le bien-être et maintenir l’autonomie des personnes âgées. A prévenir les risques de chutes et de fractures. A lutter contre la fatigue, l’arthrose, l’ostéoporose, les troubles du sommeil, les douleurs du quotidien. Il est démontré que la pratique régulière d’exercice physique favorise la prévention de nombreuses maladies chroniques et pathologies, et agit contre la récidive de certains cancers.

Les séances sont aussi des moments de plaisir ?

C.S.H : Tout à fait. C’est essentiel. Les ateliers collectifs sont très attendus par les résidents.
Ils prennent du plaisir à se retrouver, à garder un lien social. Ce n’est pas un hasard si le logo de l’association représente un sourire !

L’association accompagne-t-elle des personnes atteintes de troubles cognitifs, comme la maladie d’Alzheimer ?

C.S.H : Oui, l’APA a un impact positif sur leur état de santé. Nous stimulons leur mémoire, leur attention, leurs repères spatio-temporels grâce à l’enchainement de mouvements, de petites chorégraphies qu’ils essaient de retenir.

Les chargés de prévention travaillent les gestes du quotidien rendus difficiles par la maladie : se faire à manger, se coiffer, se promener. L’objectif est de maintenir le plus longtemps possible l’autonomie, ralentir l’avancée des symptômes.

crédit photo - Cathy Fitoussi

Comment adaptez-vous vos interventions en Ehpad au regard du contexte sanitaire particulier lié à la COVID-19 ?

C.S.H : La France est de nouveau confinée mais la situation de Siel Bleu n'est pas tout à fait la même qu'au printemps dernier. Nous essayons de maintenir une partie de nos activités auprès des plus fragiles, dans le respect des gestes barrières. Nous transformons nos séances en visio lorsque les déplacements ne sont pas possibles.

Malheureusement un confinement impacte inévitablement la sédentarité, il est donc primordial de bouger plus ! C’est pourquoi nous diffusons chaque jour sur notre site « Bon Pied Matin », de courtes vidéos de trois minutes qui proposent un exercice pour bien commencer la journée. Nous développons aussi un programme « post-Covid 19 » pour celles et ceux qui ont été touchés par la maladie. Nous travaillons ensemble la récupération, le potentiel respiratoire, le renforcement musculaire, l’endurance.

En savoir plus sur l’association : www.sielbleu.org

Pour retrouver toutes les vidéos "Bon Pied Matin", rendez-vous sur la chaine YouTube

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