28 octobre 2020

Réapprendre à s’habiller seul, à manger à son rythme, à lire le journal… La méthode Montessori appliquée aux seniors souffrant de troubles cognitifs, valorise le « faire avec » plutôt que « faire à la place de ». Au sein des Ehpad, l’approche commence à faire son chemin. Un changement de paradigme qui encourage la confiance en soi des seniors et génère de nombreux bénéfices. Explications.

La méthode Montessori appliquée aux seniors atteints de troubles cognitifs (Alzheimer)

Montessori : de l’école à l’Ehpad

Longtemps adressée au jeune public, la méthode Montessori trouve aujourd’hui un écho auprès d’un tout autre public : les seniors. A l’origine de la méthode, il y a une femme médecin italienne convaincue que les enfants souffrant de troubles moteurs ou atteints de maladies mentales, ont les mêmes droits à l’éducation que les autres. Pour les aider, Maria Montessori (1870-1952) développe des outils adaptés en faisant passer le sensoriel et l’aspect pratique de l’apprentissage avant la théorie. En 1907, Maria fonde la « Casa dei Bambini » – « Maison des enfants » – à Rome pour accompagner des petits âgés de 3 à 6 ans dans leur apprentissage.

Elle reprend alors ses outils imaginés lors de ses premières expériences en milieu hospitalier et en développe de nouveaux à l’attention du plus grand nombre.

L’objectif : placer la confiance de l’enfant au cœur de l’apprentissage, lui donner le choix de ses activités et l’accompagner. Aujourd’hui, cette méthode connait un vrai succès dans de nombreuses écoles en Europe, et notamment en France.

Dans les années 1990, le docteur Cameron Camp, psychologue et chercheur américain, a adapté l’approche Montessori aux seniors atteints de troubles cognitifs ou souffrant de maladies avancées telles qu’Alzheimer.

Selon lui, la méthode Montessori n’a pas vocation à infantiliser les patients mais au contraire à leur redonner une autonomie parfois perdue, à mesure que la maladie progresse. Les résultats obtenus ont été sans appel. D’une part, la méthode Montessori a prouvé que les seniors atteints de troubles cognitifs pouvaient apprendre et donc regagner en autonomie sur des tâches simples du quotidien comme s’habiller ou manger seul ; d’autre part, en mettant l’accent sur l’adaptation des supports de vie aux capacités et besoins des seniors, la méthode a permis de réengager les participants dans leur quotidien en proposant des activités choisies par leurs soins. La méthode Montessori met ainsi l’accent sur la personne et ses besoins psycho-sociaux.

Les bénéfices de la méthode en Ehpad

Jérôme Erkes, neuropsychologue et directeur Recherche et développement de l’organisme de formation AG&D applique la méthode Montessori auprès d’un public senior depuis une dizaine d’années. Il forme notamment des professionnels au sein des Ehpad : « Nous intervenons généralement sur une période de trois jours au sein du site en mobilisant entre 10 et 15 membres de l’équipe en contact avec les personnes âgées. »

Plusieurs objectifs sont définis en amont de la formation : changer le regard porté sur le « résident » pour ne plus voir un malade mais une « personne à part entière, avec ses fragilités, certes, mais aussi des capacités et des besoins, comme tout être humain » ; changer le regard sur la raison d’être de l’institution, « pour qu’elle devienne réellement l’habitation de ceux qui y vivent », et non plus un lieu de soin ; changer enfin la mission des professionnels « en les invitant à devenir des facilitateurs, ceux qui permettent à la personne de « faire seule » ce qui a du sens pour elle, en adaptant son environnement physique, en partant de ses capacités et de qui elle est ».

Jérôme Erkes définit ainsi la méthode Montessori comme une approche centrée sur la personne. Elle ne s’oppose pas au travail médical, mais vise d’autres aspects essentiels du bien-être de la personne, à savoir ses besoins psycho-sociaux.

En impliquant dans les formations tous les métiers à la réflexion autour de la vie du senior, Jérôme Erkes souhaite ainsi lever les incompréhensions : « Un élément central est d’établir un langage commun en tenant compte des spécificités de chacun.

Par la formation, nous souhaitons créer une dynamique commune afin que chaque métier ne travaille pas en silo mais bien tous ensemble pour le bien-être des personnes accompagnées.

L’implication du management est dès lors fondamentale. Lors de notre formation des équipes Emera, la direction a ainsi fait participer les fonctions supports pour partir sur des bases communes.

Bien sûr, de tels changements demandent un temps d’adaptation, rappelle Jérôme Erkes. En tant que formateurs, nous multiplions les apprentissages par la pratique et le terrain afin de rendre concrets et visibles les effets de cette nouvelle dynamique.

Dans les mois qui suivent la formation, il faut lever les barrières progressivement, une à une. De nombreuses directions d’établissement nous sollicitent au bout de quelques mois pour réaliser un suivi de leur établissement afin d’accompagner la progression et de renforcer les changements obtenus. »

Aujourd’hui, l’équipe d’AG&D met en place de nombreux nouveaux projets, par exemple pour les proches aidants.

 

Adeline, ergothérapeute au sein de l’Ehpad Emera Boisvallon à Ceyrat, a suivi la formation AG&D en 2019. A ses yeux, les bénéfices de la méthode Montessori sont évidents :

« En tant qu’ergothérapeute, je suis de près l’évolution de la santé des seniors de l’Ehpad. Je réalise un premier bilan à leur admission pour définir leur degré d’autonomie et j’assure ensuite un suivi thérapeutique et de prévention. L’objectif est de maintenir et d’entretenir leurs capacités à se déplacer seuls et à interagir avec la communauté au sein de l’Ehpad. En parallèle, je leur propose des activités en accord avec leurs goûts et leurs envies. La méthode Montessori vient renforcer cette approche au cas par cas en adaptant des activités aux capacités de chacun en fonction de leurs envies. Par exemple, à la suite de la formation avec AG&D, j’ai mis en place une activité de cuisine pour des résidentes qui souhaitaient préparer des gâteaux. Sentir les ingrédients, les toucher…C’est un plaisir pour elles ! Pendant l’activité, je les accompagne mais c’est bien elles qui sont derrière les fourneaux. »

Adeline a également proposé une activité « J’aime/J’aime pas » construit autour de cartes imagées afin d’encourager la prise de parole.

« Les images, le format adapté, permettent de rentrer en communication avec certains résidents ayant perdu des facultés d’expression. L’approche pratique et de la méthode Montessori facilite la communication ».

L’ergothérapeute souligne les bénéfices sur l’humeur et le comportement des seniors :

« Plusieurs familles sont déjà venues me voir, heureuses de constater que leur parent était plus dynamique ou plus souriant ».

Améliorer l’humeur, retrouver une raison de se lever le matin, donner du sens à son quotidien, la méthode Montessori offre de nombreux bénéfices en Ehpad. Elle place le curseur sur l’individu avant la pathologie.

 

Pour en savoir plus sur la méthode Montessori appliquée en Ehpad, Emera vous accompagne.

Pour en savoir plus sur AG&D et les formations à la méthode Montessori appliquée aux séniors :

https://www.ag-d.fr – Tel : 01 44 24 96 66

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Rencontre Digitale avec Jean-Marc Généreux

25/11/2020 Nos actualités

Retour sur l'interview de Jean-Marc Généreux réalisée par Denise Fabre ce dimanche 22 Novembre à 16H00.

Vous l'avez raté ? Pas d'inquiétude ! Visionnez et revisionnez autant de fois que vous le souhaitez la rencontre digitale avec Jean-Marc Généreux.

Un moment d'échange entre le champion et star des danses latines et Denise Fabre, égérie du Groupe Emera. Nous remercions Jean-Marc Généreux et Denise Fabre pour ce fabuleux échange marqué par des moments de rire et de partage.

Pour regarder l'interview, ça se passe ci-dessous, bon visionnage :

https://youtu.be/jcJiOQmlA5g

L’activité physique adaptée, une thérapie non-médicamenteuse à part entière

22/11/2020 Partenaires

L’association Siel Bleu intervient dans un Ehpad sur quatre en France. Catherine Sartoretti- Hiegel, sa responsable nationale, explique le rôle-clé d’une activité physique adaptée et régulière sur la santé des personnes fragilisées.

crédit photo - Cathy Fitoussi

Quelles sont les missions du Groupe Associatif Siel Bleu ?

Catherine Sartoretti- Hiegel : Depuis 1997, Siel Bleu mise sur l’activité physique adaptée (APA) comme outil de prévention santé des publics fragiles : personnes âgées dépendantes, en situation de handicap, atteintes de maladies chroniques ou de cancers, les aidants, etc.

Le programme « Siel Bleu au Travail » agit en entreprise auprès d’un public plus jeune.
Il s’agit de prévenir les accidents du travail, gérer le stress, améliorer la cohésion d’équipe, lutter contre les troubles musculo-squelettiques. Enfin, la Fondation Siel Bleu finance des opérations d’accès à la santé pour des populations en grande précarité comme les sans-abris ou les détenus. Chaque semaine, 700 chargés de prévention diplômés interviennent auprès de 140 000 bénéficiaires partout en France.

Quels exercices proposez-vous aux résidents en Ehpad ?

C.S.H : A la différence du sport – qui renvoie aux notions de performance et de compétition –  l’APA s’appuie sur des exercices en adéquation avec les besoins, les envies et les capacités de la personne. Chaque séance est pensée sur-mesure, en fonction du niveau de dépendance des participants.

Elle débute toujours par un échauffement pour préparer les articulations : on tourne doucement ses cervicales, poignets, chevilles, on fléchit les genoux pendant dix minutes. L’objectif est ensuite de mettre le corps en mouvement grâce à la gymnastique douce, la marche, des jeux de coordination, des parcours d’équilibre, de la relaxation, etc.
Nos équipes utilisent du matériel pédagogique pour stimuler les muscles et les articulations dans une ambiance conviviale.


Combien de temps durent les séances en moyenne ?

C.S.H : Nous intervenons une à deux fois par semaine en Ehpad, pour des ateliers compris entre 45 minutes et une heure. Les résidents peuvent ensuite s’approprier certains gestes et les répéter quand nous ne sommes pas présents.

Quels sont les bienfaits de l’activité physique adaptée sur la santé des résidents en Ehpad ?

C.S.H : Ils sont multiples. Les APA sont reconnues comme une thérapie non-médicamenteuse à part entière, et les médecins peuvent les prescrire depuis 2017.

Le sport santé renforce les muscles, l’endurance et le sentiment d’appropriation de son corps. Ceci concourt à renforcer le bien-être et maintenir l’autonomie des personnes âgées. A prévenir les risques de chutes et de fractures. A lutter contre la fatigue, l’arthrose, l’ostéoporose, les troubles du sommeil, les douleurs du quotidien. Il est démontré que la pratique régulière d’exercice physique favorise la prévention de nombreuses maladies chroniques et pathologies, et agit contre la récidive de certains cancers.

Les séances sont aussi des moments de plaisir ?

C.S.H : Tout à fait. C’est essentiel. Les ateliers collectifs sont très attendus par les résidents.
Ils prennent du plaisir à se retrouver, à garder un lien social. Ce n’est pas un hasard si le logo de l’association représente un sourire !

L’association accompagne-t-elle des personnes atteintes de troubles cognitifs, comme la maladie d’Alzheimer ?

C.S.H : Oui, l’APA a un impact positif sur leur état de santé. Nous stimulons leur mémoire, leur attention, leurs repères spatio-temporels grâce à l’enchainement de mouvements, de petites chorégraphies qu’ils essaient de retenir.

Les chargés de prévention travaillent les gestes du quotidien rendus difficiles par la maladie : se faire à manger, se coiffer, se promener. L’objectif est de maintenir le plus longtemps possible l’autonomie, ralentir l’avancée des symptômes.

crédit photo - Cathy Fitoussi

Comment adaptez-vous vos interventions en Ehpad au regard du contexte sanitaire particulier lié à la COVID-19 ?

C.S.H : La France est de nouveau confinée mais la situation de Siel Bleu n'est pas tout à fait la même qu'au printemps dernier. Nous essayons de maintenir une partie de nos activités auprès des plus fragiles, dans le respect des gestes barrières. Nous transformons nos séances en visio lorsque les déplacements ne sont pas possibles.

Malheureusement un confinement impacte inévitablement la sédentarité, il est donc primordial de bouger plus ! C’est pourquoi nous diffusons chaque jour sur notre site « Bon Pied Matin », de courtes vidéos de trois minutes qui proposent un exercice pour bien commencer la journée. Nous développons aussi un programme « post-Covid 19 » pour celles et ceux qui ont été touchés par la maladie. Nous travaillons ensemble la récupération, le potentiel respiratoire, le renforcement musculaire, l’endurance.

En savoir plus sur l’association : www.sielbleu.org

Pour retrouver toutes les vidéos "Bon Pied Matin", rendez-vous sur la chaine YouTube

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