Article « Des clowns à la maison de retraite » paru le 29/01/18 dans le journal « l’Ouest France » pour la résidence La Cerisaie.

On a suivi les clowns du Nez à l’Ouest, le temps d’une intervention, à l’Ehpad de la Cerisaie, à Nantes. Sourires garantis au pays des cheveux blancs.

Le cadre est cossu, le personnel affiche une tenue soignée, presque d’un autre temps. Ici, on trouve encore une « gouvernante ». L’Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la Cerisaie, sur l’Île de Nantes, n’est pas exactement l’endroit où l’on s’attend à tomber sur un duo de clowns déjantés.

Pourtant, ce matin de janvier 2018, au détour d’un couloir, on est happé par une bourrasque colorée à deux têtes : Suzie et Rosalie.

Pas le choix, on se fait embarquer dans une improbable tournée des chambres. En une heure, on voit le tandem s’inviter sous les jupes d’une Mme B. hilare, danser Le plus beau tango du monde avec une Mme S. qui ne veut plus le laisser partir, faire une partie de cache-cache avec les agents de service… Pour finir par une arrivée en grande pompe au milieu du réfectoire, au bras du médecin qui vient d’accepter, un peu contraint certes, une double demande en mariage.

Clown à l’hôpital,
c’est du sérieux

Une fois démaquillées et décostumées, Suzie et Rosalie redeviennent Véronique et Anna, aux formations respectives de psychomotricienne et psychologue.

Avec Philibert/Clément, elles forment Le Nez à l’Ouest, une association de clowns intervenant en milieu hospitalier. Et c’est du sérieux. « Clown à l’hôpital devient un vrai métier, explique Anna. Les pouvoirs publics reconnaissent qu’il a sa place au sein du secteur médico-social . (1)  »

Les trois comédiens ont ainsi suivi une formation sur l’hygiène, les pathologies, le vocabulaire soignant ou encore le lien parents-enfants (auprès desquels ils interviennent également).

Dans le même ordre d’idée, chaque intervention est soigneusement préparée. « Dans un nouvel établissement, il y a toujours un temps d’observation. À chacune de nos visites, il y a une transmission avec les soignants , complète Véronique. On prend la température, on cherche à savoir dans quelles chambres il y a un besoin. »

Ce qui ne met pas à l’abri d’une réaction courroucée à l’occasion. « On s’est déjà fait engueuler par un monsieur qui nous a dit : « Il y a des moribonds, ici ! » Mais une dame lui a répondu : « Et alors ? On a quand même le droit de danser ! » »

« De la magie »

De danser et même de renouer une communication, comme le dit Sonia, la première d’étage, « allergique au cirque et très réservée sur le projet au début ».

Son émotion est palpable quand elle témoigne : « J’ai vu parler et chanter des gens qui ne communiquaient plus du tout. Pour moi, c’est de la magie … »

Afin que la magie continue d’opérer, une campagne de financement participatif est organisée, jusqu’à fin janvier, sur le site Gofundme.

Contact. Le Nez à l’Ouest : www.lenezalouest.com. Pour participer au financement participatif : www.gofundme.com/lenezalouest

(1) Le Nez à l’Ouest est soutenu par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) et l’ARS (Agence régionale de santé).